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Les sentiments du menteur

Le mensonge n’implique pas forcément la falsification ou la dissimulation d’une émotion. L’employée indélicate dissimule son vol ; le plagiaire prétend avoir écrit de sa propre plume ce qu’il s’est contenté de recopier ; le vieux beau se teint les cheveux et avoue un âge bien inférieur au sien. Pourtant, même lorsque le mensonge n’a pas de rapport direct avec l’émotion, des émotions s’y mêlent parfois.
Le vieux beau peut se sentir gêné de sa propre vanité. Pour que son mensonge réussisse, il faut qu’il dissimule son âge et son embarras. Le plagiaire peut ressentir du mépris pour ceux qui se laissent berner. Il devra donc cacher à la fois la source de son œuvre et son mépris, tout en feignant d’avoir un talent qui n’est pas le sien. L’employée indélicate peut être surprise en voyant un autre accusé à sa place. Elle sera donc obligée de taire sa surprise, ou du moins d’en cacher les véritables raisons.
Les émotions interviennent donc souvent dans des mensonges qui, au départ, n’ont pas été conçus pour cacher une émotion. Mais une fois qu’elle fait son apparition cette émotion devra être dissimulée pour que le mensonge ne soit pas trahi. N’importe quelle émotion peut entrer en jeu, mais trois d’entre elles – la peur de se faire prendre, la culpabilité, et la jouissance dans la duperie – sont si souvent impliquées qu’elles méritent une analyse particulière…
Paul Ekman, Menteurs et mensonges
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