Formations, Éditions & Ressources en Psychologie Appliquée

L’autisme : un peu d’histoire !

Le mot autisme a été utilisé par Bleuler en 1911 pour désigner une des atteintes des fonctions complexes, celle du rapport avec la réalité, qui résultent de l’action des fonctions élémentaires altérées et forment avec elles les symptômes fondamentaux propres au groupe des psychoses schizophréniques : “ L’autisme est analogue à ce que Freud nomme autoérotisme. L’autisme exprime le côté positif de ce que Janet nomme négativement perte de sens de la réalité… Le sens de la réalité ne fait pas entièrement défaut au schizophrène.”
Freud lui définissait l’autoérotisme par l’objet de la pulsion qui se satisfait ici du corps propre, alors que dans le narcissisme l’objet de la libido est le Moi en tant qu’image unifiée du corps.
Mais autisme va s’éloigner du sens premier sous l’influence d’Eugène Bleuler qui l’emploie dès 1919 sous sa forme adjectivale “autistique” pour désigner une forme de pensée existant en dehors des psychoses schizophréniques qu’il qualifie ensuite de déréistique pour éviter la confusion qu’il avait lui-même provoquée.
En 1943, Kanner publie “Autistic disturbance of affective contact” où il décrit ce qu’il dénomme “Early infantile autism”. Il situe précisément ce syndrome selon la conception bleulérienne : ce qui est autistique c’est la perte du contact avec la réalité en un point, celui de l’affectivité. La référence au symptôme central des psychoses schizophréniques de l’adulte est progressivement oubliée et autisme désigne de nos jours une forme de psychose infantile.
Dr. Jean Garrabé
Inscrivez-vous à notre newsletter pour ne rien manquer
Je m'inscris
Rejoignez 25347 abonnés
close-image
Messenger icon
Envoyez un message sur Messenger
})(jQuery)