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L’angoisse du sujet dément

L’absence d’angoisse chez certains sujets déments a longtemps été considérée comme une étape de l’évolution du syndrome démentiel se caractérisant par la perte de la perception de sa totale dépendance. Du point de vue psychique, cette absence a été interprétée tantôt comme une défense permettant au moi d’échapper à l’angoisse de sa propre disparition, tantôt comme le signe de cette disparition proprement dite.
Quoiqu’il en soit, pour le clinicien et le soignant, l’angoisse n’est pas un simple symptôme mais le signe de la survie d’un moi encore capable de l’éprouver et d’y réagir. Elle résulte en fait d’une interaction avec l’environnement qui l’interprète comme un signe de la qualité de son adaptation aux besoins du patient. L’aidant ou le soignant attentif à ces manifestations sait s’il est dans l’excès ou dans le défaut de stimulation. En revanche, un milieu faisant alterner de manière incohérente présence et absence désamorce vite ce type d’interaction et ne voit plus dans l’angoisse de son proche qu’une simple manifestation indésirable.
Dr. Pierre Charazac.
Extrait de son Aide-Mémoire de psychogériatrie chez Dunod.
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